On ne voit que les 5 % visibles de l’écriture
On croit souvent que l’écriture, c’est du style. En réalité, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.
Quand j’ai décidé d’écrire, j’avais conscience d’une chose : je ne possédais qu’une petite partie des compétences nécessaires. Peut-être cinq pour cent. L’envie de raconter une histoire, une intuition narrative… et c’était à peu près tout. Le reste serait de l’apprentissage.
Cela ne signifie pas que l’écriture soit réservée à une élite. Je le dis sans détour : toute personne capable de penser peut apprendre à écrire. À moins d’un empêchement neurologique réel, l’écriture est une compétence qui se développe avec de la méthode, de la patience et de l’exigence. Dire cela n’enlève rien à la difficulté du métier — au contraire, cela en souligne la rigueur.
Les 5 % visibles de l’écriture
Au départ, ce que je voyais, c’était l’apparence : les phrases, le style, le « beau texte ».
C’est normal : c’est la partie la plus visible, donc celle que l’on croit la plus importante.
Mais très vite, j’ai compris que le style seul ne suffit pas à faire tenir une histoire.
Les compétences invisibles
En avançant, j’ai découvert ce que je ne voyais pas au début :
les niveaux de langage, les caractéristiques stylistiques, les tonalités narratives.
Écrire ne consiste pas seulement à produire des phrases correctes, mais à faire des choix précis. Dans mon cas, cela signifiait une narration fluide, accessible, expressive et nuancée, portée par une tonalité fantastique globalement positive.
Et surtout, il est devenu évident que corriger les fautes ne suffisait pas. Il fallait aussi :
- éviter les lourdeurs,
- varier les structures de dialogue,
- séparer clairement les idées,
- maîtriser les temps verbaux,
- assurer la cohérence temporelle,
- vérifier la logique structurelle et l’enchaînement des événements.
À cela s’ajoutait l’organisation globale du récit : chapitres, sous-chapitres lorsque nécessaire, respiration du texte. Et, dans le cas du light novel, une culture narrative spécifique — sujet que je traite ailleurs.
Construire les fondations
Avant même d’écrire réellement, j’ai pris plusieurs mois pour bâtir ce qui ne se voit pas toujours, mais qui soutient tout le reste : le monde, la carte, les règles de la magie, la logique interne de l’univers.
J’ai utilisé des outils numériques pour centraliser mes notes, structurer mes idées, suivre la chronologie des événements. Non parce que le lecteur le remarquerait consciemment, mais parce que la cohérence invisible renforce l’immersion.
La cohérence des personnages
Enfin, j’ai compris l’importance cruciale des personnages : leur profil psychologique, leurs qualités, leurs défauts, leur manière de parler, de réagir, de réfléchir.
Tout cela devait être cohérent, vérifiable, constant. Un personnage n’est crédible que s’il agit conformément à ce qu’il est.
Une erreur concrète que je faisais au début
Au début, je faisais une erreur très simple — et très fréquente : je voulais “bien écrire” à chaque phrase. Résultat : certaines scènes devenaient trop lourdes, trop explicatives, ou perdaient leur rythme.
Avec le temps, j’ai appris qu’un chapitre doit respirer :
parfois une phrase doit être belle, parfois elle doit juste être claire, rapide, efficace. Le style n’est pas un vêtement qu’on ajoute : c’est une conséquence d’une structure maîtrisée.
Mes forces personnelles
C’est à ce stade que mes deux véritables forces sont entrées en jeu :
mon bagage en informatique et mon perfectionnisme.
Ces forces m’ont donné les bases nécessaires pour aborder sans crainte un parcours plus large, fait de lectures, d’essais, d’erreurs et d’un passage progressif du rôle de lecteur à celui de créateur.
J’ai développé mes propres outils pour contrôler cette cohérence, vérifier mes choix et maintenir une qualité constante d’un chapitre à l’autre.
Conclusion
Aujourd’hui, mon écriture progresse parce que je ne refais plus les mêmes erreurs. Chaque livre s’appuie sur les leçons du précédent. Écrire, ce n’est pas avoir du talent dès le départ. C’est accepter de construire, couche après couche.
Dans cette logique, certains outils peuvent aider à structurer l’apprentissage, à condition d’être utilisés avec méthode et discernement.
Et vous, quelles fondations avez-vous posées avant de vous lancer dans l’écriture ?
