Méthode, tonalité et outils
Écrire un light novel, c’est jongler en permanence entre émotion, cohérence et lisibilité. L’intelligence artificielle m’aide à maintenir cet équilibre — sans jamais prendre la plume à ma place.
Les choix d’écriture
L’écriture repose sur des choix précis : niveau de langage, tonalité, rythme, point de vue. Dans un light novel, ces éléments sont déterminants.
J’ai choisi une narration principalement au passé, fluide et lisible, sans appauvrir le vocabulaire. Le texte doit rester accessible tout en conservant une densité suffisante pour porter l’émotion. L’humour, l’action, la gravité et la tension doivent cohabiter sans se neutraliser.
Ces choix ne sont jamais neutres. Ils conditionnent la manière dont le lecteur perçoit les personnages, le monde et les enjeux.
Pourquoi intégrer l’IA
C’est dans cette logique que j’ai intégré l’intelligence artificielle à mon processus de travail.
Elle s’inscrit dans un apprentissage plus large de l’écriture, fait de prises de conscience progressives et de compétences invisibles que l’on ne perçoit pas toujours au début.
Pas comme un substitut à l’auteur, mais comme un outil d’analyse et d’amélioration.
Je l’utilise notamment pour :
- repérer les répétitions,
- signaler les lourdeurs,
- tester des reformulations,
- vérifier la cohérence psychologique des personnages,
- contrôler le respect des codes narratifs du genre.
L’IA ne décide jamais de l’intention. Elle ne crée pas la voix. Elle ne raconte pas l’histoire à ma place.
L’IA comme miroir critique
Concrètement, l’IA agit comme un miroir critique. Elle met en lumière ce que l’on ne voit plus après plusieurs relectures.
Par exemple, il m’arrive de lui demander de vérifier si une scène montre réellement l’émotion au lieu de la nommer — une règle essentielle dans l’isekai. Elle peut alors signaler un passage trop explicatif, ou une réaction émotionnelle annoncée plutôt que suggérée. À moi ensuite de réécrire, d’affiner, de corriger.
L’outil ne remplace pas le jugement de l’auteur ; il le stimule.
Le parallèle avec l’édition traditionnelle
Une erreur fréquente chez les auteurs débutants consiste à penser qu’il faudrait tout faire seul, et que s’entourer d’outils serait une forme de tricherie. Cette vision ne correspond pas à la réalité du monde éditorial.
Les auteurs prolifiques ne travaillent presque jamais seuls. Leurs textes sont relus, corrigés, discutés, parfois réorganisés. Ce travail collectif ne retire rien à la paternité de l’œuvre ; il en garantit la solidité.
Les auteurs indépendants n’ont pas toujours accès à ces équipes. En revanche, ils disposent aujourd’hui d’outils capables de jouer un rôle similaire — à condition d’être utilisés avec méthode et exigence.
Conclusion — Écrire mieux, pas moins
Écrire aujourd’hui ne signifie pas abandonner la maîtrise. Cela signifie choisir intelligemment ses outils, au service d’un récit plus cohérent, plus solide et plus juste.
Cette démarche s’inscrit dans un parcours personnel, fait de lectures, d’expérimentations et d’un passage progressif du rôle de lecteur à celui de créateur.
La technologie n’écrit pas à ma place.
Elle m’aide à écrire mieux.
Et vous, voyez-vous l’intelligence artificielle comme une aide à la création, ou comme une menace pour la voix de l’auteur ?
