Illustration anime : Michihiro âgé (cheveux blancs, barbe) représentant sa vie sur la Terre, dos à dos avec Michihiro jeune sur La Grande Terre, sous un ciel bleu.
Un seul homme, deux vies : Michihiro sur la Terre, puis rajeuni sur La Grande Terre.

Dans le jardin d’Okinawa, la famille et la presse étaient au rendez-vous.
Un nouveau record allait être battu.

Tout avait été pensé.
Le sol avait été dégagé avec soin.
Les blocs de béton étaient alignés, leurs arêtes nettes, leur surface encore intacte.

Michihiro Ikemizu connaissait leur densité, leur résistance, la manière dont ils céderaient sous l’impact.
Son corps aussi était prêt. Sa respiration, lente et régulière, suivait un rythme qu’il maîtrisait depuis des décennies.

Lauréat du prix Nobel, homme de discipline et de méthode,
il savait exactement où il se trouvait,
ce qu’il s’apprêtait à faire,
et pourquoi il était là.

Du moins… c’était ce qu’il croyait.

Car soudain, cette certitude ne tenait plus.

Sa tête tournait.
Avait-il perdu connaissance ?

Les sensations lui revenaient par fragments : une lumière diffuse, des formes imprécises, aucun repère familier.

Il était étendu sur le sol.
Ce constat suffit.

Il inspira, posa une main à terre et se redressa sans précipitation, mais sans hésiter.
Son équilibre répondit immédiatement. Trop bien, même.

Position.
Environnement inconnu.
Aucune douleur apparente.

Son regard se posa d’abord sur le sol.

Sous ses pieds, la pierre était froide, lisse par endroits, mais marquée de tracés clairs, presque trop réguliers pour être décoratifs. Des lignes, des symboles, disposés selon une symétrie rigoureuse, formaient un ensemble circulaire dont il se trouvait précisément au centre. Il n’y posa pas le pied sans y penser — instinctivement, il évita d’effacer quoi que ce soit.

Délimitation volontaire.
Pas un motif ordinaire.

Autour de lui, plusieurs sources de lumière vacillaient à hauteur d’homme. Elles projetaient des ombres longues, instables, donnant aux murs une profondeur trompeuse. La chaleur qu’elles dégageaient était inégale, par vagues, comme si l’air lui-même peinait à se stabiliser.

Il releva la tête.

La pièce était vaste, fermée, construite pour durer. Deux ouvertures se faisaient face, chacune laissant entrer une lumière différente. L’une était pâle, régulière. L’autre plus sombre, teintée de reflets mouvants. Le contraste était trop net pour être accidentel.

Orientation.
Choix architectural.

Des silhouettes se tenaient autour du cercle. Certaines debout, d’autres affaissées, immobiles. Il distingua des respirations courtes, saccadées. Aucune ne semblait armée. Aucune ne parlait.

Il n’était pas seul.

À quelques pas de lui, un autre corps reposait sur la pierre. Vivant.
Il le sut sans avoir besoin de vérifier — la poitrine se soulevait faiblement. Ce corps n’était pas le sien. Et pourtant, il se trouvait exactement là où il aurait dû être.

Substitution ?
Erreur ?

Aucune hypothèse ne s’imposait encore.
Une chose, en revanche, s’imposait :
ce lieu n’était ni improvisé, ni sûr.

Ses mains apparurent devant lui.

Elles étaient jeunes.

La peau lisse, les articulations souples, libérées de la raideur qu’il connaissait trop bien. Il les tourna lentement, les examinant comme on le ferait d’un instrument dont on pensait avoir épuisé toutes les possibilités. Il n’eut pas besoin d’une longue réflexion pour comprendre que quelque chose avait changé. Pas une menace immédiate — plutôt un déséquilibre, comme si une équation parfaitement maîtrisée venait d’être réécrite sans avertissement.

Sa vie ne s’était pas arrêtée.

Le constat s’imposa sans emphase. Ce qu’il avait pris pour une fin n’en était pas une. Il inspira plus profondément, vérifia la constance de ce souffle nouveau. Tout répondait.

Alors, presque à son insu, une pensée affleura.

S’il était encore là…
S’il n’était plus prisonnier de ce corps marqué par le temps…

Certaines limites n’existaient peut-être plus.

L’idée resta incomplète, trop vaste pour être saisie d’un seul coup. Des images surgirent pourtant : une maison laissée derrière lui, des visages familiers, des chemins qu’il avait volontairement contournés au nom de la rigueur et de l’efficacité. Il n’y avait ni amertume ni reproche dans ce retour. Simplement une lucidité tardive, calme, presque clinique.

Il avait choisi la discipline.
Il avait choisi la maîtrise.
Il avait choisi de se perfectionner, encore et encore.

Ces choix n’étaient pas des erreurs. Ils l’avaient façonné, renforcé, rendu cohérent. Mais, dans ce temps suspendu où tout se superposait, il percevait aussi ce qu’ils avaient laissé de côté. Non par faute. Par priorité.

Ses doigts se refermèrent légèrement, comme pour éprouver la force de ce corps nouveau. La réponse fut immédiate, sans résistance.

Ce ne fut pas un sentiment de grandeur qui s’imposa alors, ni une exaltation soudaine. Plutôt une ouverture. Une marge. La possibilité de ne pas répéter mécaniquement une trajectoire parfaitement tracée. De choisir autrement, le moment venu. De transmettre autre chose qu’un exemple silencieux.

Il ignorait où il se trouvait.
Il ne comprenait ni les règles de ce monde,
ni la raison de sa présence.

Mais une certitude, lente et solide, prenait forme :
quoi que fût cet endroit, il n’y était pas enchaîné.

La pensée n’eut pas le temps d’aller plus loin.

Une voix, douce et ferme à la fois, résonna dans son esprit.

« Toi qui te tâte… oui, toi l’étranger. Écoute seulement. Sens-tu cette légèreté qui s’accroît dans ta tête ? Rejette-la de toutes tes forces et lève-toi immédiatement. Saisis une épée. Tu en auras besoin. Échappe-toi par la fenêtre gauche. »

Juste avant de s’exécuter, pour une fraction de seconde, son regard accrocha, par l’ouverture, un ciel anormalement rougeâtre.


Profil de Michihiro Ikemizu

Michihiro Ikemizu est un homme issu d’un autre monde, projeté sur La Grande Terre, dans l’univers de ISEKAI : L’Héritier de l’autre monde.

Rigoureux, méthodique et profondément rationnel, il aborde chaque situation avec calme et lucidité, privilégiant l’analyse à l’impulsivité. Sa conduite repose sur une discipline intérieure forgée par l’effort, la constance et le sens des responsabilités.

Profil psychologique

  • Type : ISTJ
  • Qualités : courageux, curieux, déterminé, doux, honnête, patient, respectueux
  • Défauts : froid, orgueilleux, rigide, solitaire, têtu

Michihiro est un homme de principes et de structure. Sa force réside dans la maîtrise de soi et la cohérence morale. Ses décisions sont rarement guidées par l’émotion immédiate ; elles s’inscrivent dans une vision à long terme, parfois au prix de l’isolement.

Relation clé

Il est le père d’Arius Lovelace et le mari de Soria Rainheart/Lovelace .