Portrait de Granddon, personnage de la série ISEKAI : L’Héritier de l’Autre Monde
Granddon — Personnage de ISEKAI : L’Héritier de l’Autre Monde

Granddon

La rumeur s’était répandue avant même le début des exercices.

Cinq mages.

Cinq.

Et aucun n’avait réussi à lancer le moindre sort.

Les versions variaient.

Certains parlaient de vitesse.

D’autres d’une technique inconnue.

Quelques-uns évoquaient même une forme de pression… invisible.

Mais tous s’accordaient sur un point.

Ils n’avaient rien pu faire.

« Amelia ne leur a laissé aucune ouverture. »

« Ils ont essayé, je te dis ! Le flux passait, puis… plus rien. »

« Et après, elle les a marqués. Tous. Avec sa rapière. »

Un rire nerveux.

Puis le silence.

« Si c’était un vrai combat… »

Personne ne termina la phrase.

Granddon écoutait sans intervenir.

Il avait manqué la formation du jour précédent.

Il peinait encore à comprendre comment une jeune femme à l’allure si raffinée avait pu obtenir un poste aussi prestigieux. Beaucoup murmuraient que son oncle, le célèbre Dionysos, avait usé de son influence pour lui ouvrir les portes du corps militaire.

Pourtant, ce qui s’était produit la veille suffisait à réduire ces rumeurs au silence. Les recrues, d’abord sceptiques, avaient rapidement compris que la vérité était bien plus simple… et bien plus humiliante pour leur orgueil.

Ce n’était pas son nom qui l’avait placée là.

C’était leur incapacité à l’affronter qui les empêchait de l’admettre.

♦ ♦ ♦

La cour avait été réaménagée pour l’épreuve.

Dans l’air immobile flottaient six anneaux pâles, parfaitement alignés jusqu’à une cible de bois dressée à l’autre extrémité du terrain.

Amelia observait depuis les gradins.

À ses côtés se tenait un homme vêtu de clair, droit comme une statue, l’attention fixée sur la scène. Lorsqu’ils échangeaient quelques mots, ce n’était qu’à voix basse — trop basse pour être entendue, assez pour être remarquée.

« Traversez les anneaux. Touchez la cible. »

Aucune autre instruction.

L’arc d’Amelia reposait près de la ligne de tir.

Visible.

Accessible.

Presque provocateur.

Certains s’en étonnèrent.

D’autres hésitèrent.

Peu enclins à toucher l’arme d’une femme…

encore moins celle de l’instructrice.

Un premier mage s’avança, sûr de lui.

Il jeta un coup d’œil vers les gradins, saisit l’arc.

Et comprit.

Ses muscles se tendirent.

Ses mâchoires se crispèrent.

L’arc plia — à peine.

Un ricanement étouffé traversa les rangs.

Il força.

Parvint à tendre la corde… juste assez pour se ridiculiser avec dignité.

Il changea de stratégie.

Magie avant tout.

Une sphère lumineuse jaillit, droite, précise.

Elle traversa un anneau.

Puis deux.

Au troisième —

Elle vacilla.

Un instant.

Comme si elle hésitait à continuer d’exister.

Puis se déchira.

Proprement.

Sans résistance.

Comme si elle avait été… refusée.

Quelques rires nerveux fusèrent.

« C’était pour chauffer l’ambiance », lança-t-il.

Personne ne releva.

Les suivants n’osèrent pas toucher à l’arc.

Feu.

Glace.

Onde.

Roche.

Vent.

Toujours la même issue.

Mais cette fois, Granddon vit autre chose.

Au passage du quatrième anneau —

une infime torsion.

Presque imperceptible.

La magie ne disparaissait pas.

Elle était redirigée.

Un mage tenta de « tricher ».

Il lança un sort sans viser.

Le quatrième anneau l’absorba.

Mais une étincelle en jaillit —

latérale.

Déviée.

Éteinte aussitôt.

Un silence gêné suivit.

« Impressionnant », murmura quelqu’un.

« Oui. Pour un suicide magique. »

Quelques regards se détournèrent.

Granddon observa.

Ce n’était pas un test de puissance.

Ni même de précision.

C’était une lecture.

Son regard glissa vers les gradins.

Amelia avait légèrement penché la tête vers l’homme en blanc.

Il répondit sans la regarder.

Un détail.

Mais un détail inutile.

Donc révélateur.

Granddon détourna les yeux.

Revenant aux anneaux.

Flux contraints.

Circulation imposée.

Ruptures artificielles.

Pas une barrière.

Un tracé.

On ne cherchait pas à passer.

On cherchait à voir comment ils forçaient.

« Hé. »

Il sursauta légèrement.

Un mage lui lança un regard mi-agacé, mi-moqueur.

« T’as pas encore essayé. C’est ton tour. »

Granddon réalisa qu’il était le dernier.

Il s’avança.

Saisit l’arc.

Plus lourd qu’il ne l’avait anticipé.

Pas par la force.

Par l’intention.

Un ricanement monta lorsqu’il tenta de bander la corde.

Il força.

Un peu.

Trop.

La corde résista.

Une tension parasite remonta dans son bras.

Il relâcha immédiatement.

Un souffle discret lui échappa.

Presque inaudible.

Erreur.

Il corrigea.

Une lueur se déploya le long du bois.

Discrète.

Contrôlée.

Le feu ne brûlait pas.

Il accompagnait.

L’arc répondit.

La tension céda.

Sans résistance.

Comme si l’arme refusait simplement… d’être mal utilisée.

Le silence tomba.

Même les moqueries s’arrêtèrent.

Granddon inspira.

Pas pour se concentrer.

Pour vérifier.

Si sa compréhension tenait.

Ou si elle allait se briser.

Comme les autres.

Il visa.

La flèche partit.

Sans éclat.

Sans démonstration.

Un anneau.

Puis deux.

Puis trois.

Au quatrième —

elle vacilla.

Un instant.

Le même.

Granddon ajusta.

À peine.

La trajectoire se stabilisa.

Cinquième.

Un frisson parcourut l’assemblée.

Sixième.

La flèche frappa la cible.

Pas au centre.

Mais elle frappa.

Un silence.

Plus lourd que les précédents.

Dans les gradins, Amelia inclina légèrement la tête.

Elle applaudit.

Un seul geste.

Précis.

À ses côtés, l’homme en blanc esquissa un sourire.

Comme si une hypothèse venait d’être confirmée.

Granddon relâcha lentement la tension.

Pas soulagé.

Pas fier.

Juste…

conscient d’avoir failli échouer.

Et d’avoir compris pourquoi.


Profil

Rôle : Mage en chef du marquis de Sinevergo

MBTI : ISFP

Race : Humain

Voix :

Niveau de langage avancé, précis et riche, avec une tonalité comique, pathétique, satirique et tragique.

Qualités :
  • Calme
  • débrouillard
  • logique
  • obligeant
  • savant
Défauts :
  • Cynique
  • délibérément vague
  • ironique
  • pragmatique excessif
  • orgueilleux
Informations :

Granddon est un mage qui privilégie l’analyse à l’impulsion. Là où d’autres cherchent la démonstration de puissance, il s’attache à comprendre les structures, les rapports de force et les conséquences à long terme. Son intelligence ne s’exprime pas par l’éclat, mais par une capacité constante à relier les faits, à anticiper les réactions et à identifier les failles.

Il observe avant d’agir, écoute avant de juger, et ne s’engage jamais sans avoir évalué les coûts réels — humains, politiques ou stratégiques. Cette prudence calculée peut donner l’impression d’une distance froide, voire d’un détachement cynique, mais elle relève avant tout d’un refus de l’approximation et du gaspillage.

Granddon n’a pas choisi son maître à la légère : le marquis de Sinevergo sait récompenser les gens compétents et fidèles, et Granddon comprend la valeur d’un pouvoir qui reconnaît le mérite lorsqu’il le voit.

Granddon n’est ni un idéaliste ni un exécutant aveugle. Il accepte l’autorité tant qu’elle s’inscrit dans une logique rationnelle, et conserve toujours une marge de recul intellectuel. Son humour, souvent sec ou teinté d’ironie sombre, n’est pas gratuit : il sert à désamorcer l’absurde, à supporter la tension, ou à souligner l’incohérence d’une situation.

En définitive, c’est un homme de mesure dans un monde d’excès — conscient que la survie ne dépend pas toujours de la force brute, mais de la lucidité avec laquelle on choisit quand agir… et quand s’abstenir.

Apparaît avec :