Portrait de Michihiro Ikemizu, personnage de la série ISEKAI : L’Héritier de l’Autre Monde
Michihiro Ikemizu — Personnage de ISEKAI : L’Héritier de l’Autre Monde

Michihiro Ikemizu

La seconde rencontre avec Soria

Michihiro discutait avec Miyu depuis un moment déjà, dans l’armurerie baignée par la lumière du jour. Les rayons du soleil glissaient sur les sabres exposés et faisaient luire les reflets des lames soigneusement entretenues. L’air portait simplement l’odeur familière du bois ciré et de l’huile utilisée pour protéger les armes, une atmosphère calme et ordonnée propre aux armuriers. Puis, après un silence qui s’étira, la conversation prit un tournant inattendu.

« Je vais fermer boutique », annonça-t-il soudain.

« Parce que tu ne l’as pas revue ? »

Le jeune homme soupira.

« Tu lis dans mes pensées. »

« Je suis dans tes pensées, crétin », répliqua-t-elle en lui tapotant le front du bout de son doigt invisible, un sourire moqueur aux lèvres.

En effet, l’archélémentaire ne pouvait être vue et entendue que par lui seul.

Cette petite provocation fit naître un rire discret chez Michihiro. Taquiner Miyu avait toujours été l’un de ses plaisirs secrets, même si elle gagnait la plupart du temps.

L’après-midi avançait, et bientôt ce serait l’heure de fermer.

« Oui… Cela fait plusieurs années que j’espère la revoir », admit-il enfin.

« Mais j’ai d’autres projets maintenant. »

Il baissa les yeux un instant, comme si une image lointaine venait de traverser son esprit : une silhouette féminine, un sourire perdu dans le passé, un parfum qu’il croyait oublié.

Miyu l’observa sans un mot, ses oreilles frémissant légèrement — signe qu’elle hésitait entre le consoler ou le secouer comme un prunier.

La clochette de la porte tinta doucement.

Michihiro leva les yeux de son établi.

Une jeune femme venait d’entrer dans l’armurerie, vêtue de l’uniforme sombre de l’académie militaire. Le tissu de sa jupe se souleva légèrement dans le courant d’air — signe discret que la magie du vent ne la quittait jamais tout à fait.

Ses longs cheveux d’argent captèrent la lumière du soleil, comme un reflet d’acier.

Comment ne l’aurait-il pas remarquée ?

Elle lui avait laissé une impression indélébile.

Il la fixa un instant.

Il en était certain.

C’était la jeune fille à qui il avait vendu un sabre quelques années plus tôt.

À l’époque, elle n’était encore qu’une cliente curieuse venue acheter le meilleur katana pour s’initier à l’art du sabre. Elle était accompagnée par une garde du corps. Désormais, elle ressemblait de plus en plus à une femme.

Soria s’arrêta à quelques pas de l’établi et s’inclina légèrement.

« Bonjour. »

Sa voix était claire et respectueuse.

Michihiro répondit par une inclinaison de tête calme.

« Bonjour. »

Soria posa alors la main sur la lame qu’elle portait à la ceinture. Elle la dégaina avec précaution, puis la présenta devant elle à deux mains, la garde tournée vers Michihiro.

« Je ne sais pas si tu te souviens de moi, dit-elle avec franchise.

Mais je me souviens que tu m’as dit que cette lame était garantie à vie. »

Michihiro prit l’épée à deux mains, comme il était d’usage, et inclina légèrement la tête.

« Je me souviens. »

Il observa la lame quelques instants.

« Et mes épées le sont toujours. »

Un court silence suivit.

Michihiro fit lentement tourner la lame dans la lumière de l’atelier.

L’amusement brilla un instant dans ses yeux.

Son regard suivit la ligne du métal avec la patience méthodique d’un artisan habitué à lire les moindres imperfections de l’acier.

La lame semblait intacte, mais un détail attira son attention.

Une très légère ondulation parcourait la surface du métal.

Dans son esprit, la voix de Miyu s’éleva calmement.

« La structure a été chauffée de l’intérieur. »

« Je vois la contrainte. »

Il passa un doigt le long de la lame, puis releva les yeux vers Soria.

« Cette épée est garantie à vie. »

Son ton restait posé, presque bienveillant.

« Mais elle n’a jamais été faite pour supporter une infusion de feu manaïque. »

Un bref silence suivit.

Les yeux de Soria se plissèrent légèrement.

« Comment le sais-tu ? »

Michihiro haussa les épaules avec une simplicité désarmante.

« Le métal parle. »

Il fit tourner la lame une nouvelle fois.

« La chaleur est entrée ici… »

Il désigna un point précis près de la garde.

« … puis elle s’est propagée le long du fil. »

Il releva les yeux vers elle.

« Ce n’est pas une chaleur de forge. »

Une pause.

« C’est une chaleur dirigée. »

« Elle ne s’attendait pas à ce que tu le voies. »

Un léger sourire passa sur les lèvres de Michihiro.

« Tu as un feu très discipliné. »

Les yeux de Soria restèrent fixés sur la lame.

Elle réfléchit quelques secondes.

« Si le métal parle… »

Elle releva les yeux vers lui.

« Que te dit-il d’autre ? »

Michihiro resta silencieux un instant.

La réponse le prit de court.

Un coin de sa bouche se souleva légèrement.

Cette jeune femme n’était pas venue pour se faire pardonner. La plupart des clients se seraient excusés ou auraient nié.

« Tu affirmes qu’il s’agit de feu. »

Elle marqua une légère pause.

« Alors dis-moi… à quel moment ai-je commis l’erreur ? »

« Elle possède aussi le vent. Et elle le contrôle mieux que la plupart des mages adultes. Sans compter qu’elle maîtrise l’éther. »

Une esquisse mal contenue se dessina sur ses lèvres avant qu’il ne baisse légèrement la tête.

Ses yeux se portèrent à nouveau vers la lame.

Cette fois, son regard ne s’arrêta pas à la déformation du métal.

Il examina le fil.

Très légèrement, sur toute la longueur de la lame, l’affûtage avait perdu une partie de sa précision.

Pas une usure normale.

Une abrasion subtile.

Il releva les yeux vers Soria.

Un léger sourire apparut.

« Le feu a chauffé la lame. »

Il fit lentement tourner l’épée entre ses mains.

« Mais ce n’est pas ce qui a émoussé le fil. »

Il passa un doigt à quelques millimètres de la tranche, sans la toucher.

« L’air a circulé ici. »

Il suivit la ligne du sabre.

« Sur toute la longueur. »

Ses yeux rencontrèrent ceux de Soria.

« Tu as utilisé le vent pour guider la chaleur. »

Une pause.

« C’est habile. »

Pendant un bref instant, aucun des deux ne détourna le regard.

Ce forgeron voyait plus loin que la plupart des maîtres d’armes.

« Elle ne s’attendait pas à ce que tu voies cela aussi. »

Michihiro inclina légèrement la tête.

« Mais la lame, elle, n’était pas prête pour une telle combinaison. »

Soria observa la lame quelques secondes, attentive au moindre détail.

« La garantie est donc toujours valable ? »

Michihiro hocha la tête, avec ce calme naturel qui lui collait à la peau.

« Bien sûr. »

Il reposa doucement le sabre sur l’établi, un geste mesuré, presque respectueux.

« Mais il faudra en forger une autre. »

Soria ne sembla ni surprise ni contrariée.

« Je m’en doutais. »

Il contourna l’établi et lui fit signe d’approcher, tout en se penchant derrière le comptoir. Le geste avait quelque chose de mystérieux, presque cérémonial.

Soria hésita une fraction de seconde, puis s’avança, silencieuse.

Derrière l’établi reposaient plusieurs types de minerais : certains d’un gris mat, d’autres tirant vers le bleu, d’autres encore parcourus de veines sombres qui semblaient vibrer sous la lumière. Une collection soigneusement rangée, fruit d’années d’essais.

Michihiro prit quelques morceaux et les déposa devant elle.

« Ceux-ci résistent bien à la chaleur. »

Il en ajouta une autre série.

« Ceux-là se déforment facilement… et guident les flux d’air. »

Il releva les yeux vers elle, sérieux.

« Si tu veux utiliser le feu et le vent ensemble, la lame doit être construite pour cela. »

Soria plissa légèrement les yeux.

« Tu es en train de la tester? »

« Non. »

Une courte pause.

« Je lui montre. »

Pendant une microseconde, elle perçut dans son regard une réflexion profonde, presque trop profonde pour un simple forgeron.

Il lui présenta les premiers fragments de métal.

« Infuse ton feu. »

Soria prit le morceau entre ses doigts. Une chaleur rougeâtre parcourut le minerai. Le métal rougit… puis se fissura net.

Michihiro hocha lentement la tête.

« Trop fragile. »

Il plaça un autre fragment dans sa main.

« Essaie celui-ci. »

Elle insuffla de nouveau sa chaleur. Le métal vibra, fut traversé d’une flamme orangée… mais resta intact.

« Elle est bien plus puissante que cela. »

Un sourire discret étira les lèvres de Michihiro.

« Intéressant. »

Il lui présenta un autre minerai.

« Tu pourrais réessayer, mais cette fois avec toute ta puissance ? »

Soria le fixa, méfiante.

« Et cette fois… comment le sais-tu ? »

« Tu as été démasquée ! »

« !!! »

Michihiro leva la tête, l’air de quelqu’un qui regrettait déjà d’en dire trop. Il finit par avouer :

« Je sais lire aussi les gens. »

La curiosité de Soria s’éveilla aussitôt. Ce forgeron n’était clairement pas comme les autres.

Sans difficulté, il lui fit tester d’autres métaux, cherchant l’assemblage parfait pour sa future lame.

Ils discutèrent, apprenant chacun un peu plus sur l’autre, jusqu’à ce qu’il repose le dernier fragment sur l’établi.

« Reviens dans une semaine. »

Soria releva les yeux.

« Pourquoi ? »

« Parce que je dois préparer l’alliage. »

Une courte pause.

« Et je voudrais vérifier quelque chose avec ta magie. »

Miyu soupira doucement.

« Voilà, c’est la première raison de la faire revenir. »

Quand Soria revint, le sabre était prêt. Michihiro l’invita à l’essayer, à tester sa durabilité. Satisfaite, elle reçut une offre inattendue : revenir deux jours plus tard pour un saya adapté, à moitié prix.

Lorsqu’elle revint encore une fois, il l’invita à tester ses prouesses avec lui.

Elle répondit, honnête, qu’elle doutait qu’il puisse réellement lui enseigner quoi que ce soit. Il répliqua qu’elle ne le saurait jamais tant qu’elle n’aurait pas essayé.

Et c’est ainsi qu’il devint le maître d’arme de celle qui serait, plus tard, sa femme.


Profil

Rôle : Homme venu d’un autre monde (otherworlder), Père d’Arius, Mari de Soria Lovelace

MBTI : ISTJ

Race : Humain

Voix :

Niveau de langage intermédiaire, clair, confiant, doux et rigoureux, avec une tonalité bienveillante, encourageante et neutre.

Qualités :
  • Courageux
  • Curieux
  • Déterminé
  • Doux
  • Honnête
  • Patient
  • Respectueux
Défauts :
  • Froid
  • Orgueilleux
  • Rigide
  • Solitaire
  • Têtu
Informations :

Michihiro Ikemizu est un homme mesuré, discipliné et profondément responsable. Il agit avec calme, même lorsque la situation devient critique, et refuse de se laisser guider par la panique ou l’émotion immédiate. Chaque décision est pesée, chaque action a un but précis ; il n’avance jamais à l’aveugle. Cette rigueur se retrouve autant dans sa vie personnelle que dans sa manière d’affronter le danger.

Dans le cercle familial, il se montre présent et attentif, sans jamais être démonstratif à l’excès. Il exprime son affection par des gestes simples et une constance rassurante plutôt que par de longues paroles. En tant que père, il croit à la transmission progressive de l’héritage et des responsabilités : il prépare Arius avec patience, convaincu que la maturité ne se force pas mais se construit. Avec Soria, son lien repose sur la confiance, le respect mutuel et une compréhension silencieuse ; ils se parlent souvent sans mots, chacun sachant ce que l’autre attend ou redoute.

Face à l’adversité, il agit avec rapidité et efficacité, n’hésitant pas à s’exposer lorsque la protection de ceux qui comptent pour lui l’exige. En tant qu’Otherworlder, il eut d’ailleurs l’occasion de faire preuve d’un sang-froid remarquable dès son arrivée dans ce monde. Sa morale est claire et inflexible : il refuse tout compromis qui trahirait sa conscience. À ses yeux, survivre n’a de sens que si cela demeure cohérent avec ses principes. Cette ligne de conduite, forgée dès les premiers instants, continue de guider ses choix, même lorsque le prix à payer est élevé..

Discret par nature, Michihiro ne cherche ni la reconnaissance ni le pouvoir pour eux-mêmes. Il avance dans l’ombre lorsque cela est nécessaire, conscient que la véritable force réside dans la maîtrise de soi, la loyauté envers les siens et la capacité à assumer pleinement les conséquences de ses actes.

Apparaît avec :